QUOTE(Maria Chapdelaine @ 6 Mar 2006, 02:37 PM)
Ces 2 questions ont fait ressurgir à mon esprit le film Ridicule de Patrice Leconte de 1996.
Pour ceux qui s'en souviennent, le film se passait à Versailles sous Louis XVI.
Les nobles autour du Roi rivalisaient en tentant de faire montre d’un bel esprit dans les salons et antichambres.
Cependant ce bel esprit se distinguait surtout par sa méchanceté envers les autres participants, au point où une des victimes du procédé devenue ridicule, finit par se suicider.
On ne badinait pas avec le ridicule à l'époque , à lire cette maxime de LaRochefoucauld:
Le ridicule déshonore plus que le déshonneur.
Bref , tout ça pour dire que l'esprit m'apparait comme plus cruel et plus agressif que l'humour.
Ou pour répondre à la question 3, à l'antipathie, j'opposerais l'esprit.
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Oui, je te suis dans ton raisonnement.
Prenons des exemples.
Si je schématise, l’humour permettrait donc aux posteurs avertis du bar de feindre des comportements excessifs sans la moindre intention réelle d’agresser.
Autrement dit, sans une trace de méchanceté. L’humour implique donc un accord (question 11), une « résonance » entre les interlocuteurs.
Exemple,
Iceman qui crée un personnage loufoque et naïf simplement pour amuser les piliers.
A l’inverse, « l’esprit » ne tient pas compte de l’affect, ne demande aucune connivence et reste un jeu purement cérébral.
Il peut être utilisé comme une mécanique brillante tout en restant affectivement neutre :
Exemple : Il est question de pas, le dialogue dérive sur le mot prône et
Bobo nous pond un « prône à Sion » permettant ainsi au topic de retomber sur ses pieds.
C’est très brillant mais sans aucun humour au sens strict.
Cet « esprit » peut aussi être pratiqué comme une arme pour désarçonner son interlocuteur ou tenter de le ridiculiser.
Si la personne attaquée rentre dans le jeu, elle a deux solutions.
Contre-attaquer, ce qui lui demande à son tour de faire preuve d’esprit.
Désamorcer la situation en jouant la carte de l’humour, ce qui revient à rentrer en intelligence voire en complicité avec l’agresseur.
Très subtilement, notre
hyène - baron de Louis XVI dans un parc versaillais - gagne ainsi souvent la sympathie de ses victimes.
D'ailleurs, j'ai toujours pensé que la quête d'affection est l'unique motivation de cette pauvre bête.