Ce fut quand même tout un parcours tortueux pour le fiston.
Il avait fait un bacc. en enseignement (éducation physique). Pendant ses stages dans des écoles, il a constaté que bon nombre des élèves manquaient de motivation, alors il a décidé de faire des études supérieures en kinésiologie. Ça l'a amené à devenir préparateur physique pour une boite qui travaille avec des athlètes top niveau. Il a voyagé partout dans le monde, mais pour un salaire minable. Il s'est alors tourné vers une job de prof dans un lycée privée, où il était très apprécié.
À 35 ans, il a décidé de devenir prof de cégep. Je lui ai dit que ces chances d'y arriver étaient très mince et qu'il serait mieux de rester à son lycée.
Mais un miracle est arrivé.
Un prof de cégep tombe subitement malade. Le coordonnateur du département appelle alors un prof d'un autre collège pour une référence. Il lui suggère mon fils. Le même soir, le gars va au gym, rencontre un ami et lui demande s'il connaît un bon prof. Le gars lui suggère mon fils! Il a rencontré mon fils le lendemain, qui a eu le poste instantanément.
Mais il en a bavé pour arriver à un temps plein. Les cégeps, c'est fortement syndicalisés, alors il a travaillé fort pour accumuler de l'ancienneté. Et comme il était le petit nouveau, il lui donnait les restants: cours de yoga, golf, arts martiaux...toutes des disciplines loin de ses compétences premières. Le plus pénible pour lui fut les arts martiaux. Pour avoir un semblant de crédibilité, il suivait des cours privés pour être capable de donner son cours le lendemain. Pour les arts martiaux, il s'en est tiré avec une commotion cérébrale. Le plus drôle, c'était le yoga. Mon fiston excelle dans les sports, contrairement à son père. Mais il a hérité de moi une manque de flexibilité, alors donner des cours de yoga, c'était pas évident
