Recette pour Sego et Sarko, ..selon les cousins
<!--quote--><blockquote class="citation"><p>Le Devoir<br />
PERSPECTIVES, samedi 27 janvier 2007, p. b2<br />
Une grosse semaine<br /><br />
Dion, Jean<br /><br />
Un citoyen, un peu délicat il faut le dire, s'est dit «considérablement blessé» par «l'attitude cavalière» manifestée par les principaux candidats à la présidence de la France en ce qui a trait au Québec.<br /><br />
«Non mais je veux dire, l'un qui refuse de se prononcer et l'autre qui utilise un mot en lui donnant le sens qu'il a là-bas et non ici, puis qui dit que c'est ça qu'elle voulait dire bien que ça ne veuille pas dire la même chose pour nous, tout cela dénote un manque de respect assez criant», a déclaré le citoyen, qui en «espérai[t] davantage de la part du pays de nos ancêtres courageux qui ont défriché et couru les bois».<br /><br />
Selon le citoyen, ces tergiversations auront un impact crucial sur la course à la présidence «où, d'après ce que j'en lis et entends dans les médias d'ici, les enjeux locaux et nationaux sont somme toute assez rares et où la place du Québec à l'intérieur ou à l'extérieur du Canada tiendra une place déterminante. Une écrasante majorité de Français sont extrêmement préoccupés par ce qui se passe chez nous. C'est leur première priorité. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le nombre de magazines français qui mettent le Québec en page couverture et qui s'intéressent à nos grands espaces, nos cabanes en bois rond, nos ours et notre accent. Je peux d'ailleurs vous dire qu'il est chantant. L'accent, je veux dire».<br /><br />
Lorsqu'on lui a fait remarquer que la plupart de ces magazines étaient des éditions spéciales faites pour le Québec et introuvables dans l'Hexagone, le citoyen a rétorqué qu'il ne formulerait aucun commentaire, l'affaire étant «devant le tribunal de l'opinion publique, qui achète les magazines et assure la circulation de la presse de langue française libre».<br /><br />
Pour le citoyen, il ne fait aucun doute que «le destin du Québec» constitue «l'une des questions les plus importantes, sinon la question la plus importante à se poser à l'humanité. Le monde entier nous regarde. Il se demande sans cesse s'il trouvera ici un modèle pour la conduite de ses propres affaires. Ça nous met de la pression, mais je suis prêt à vivre avec. Contrairement, ajouterais-je, aux candidats à la présidence de la France qui s'efforcent de fuir la réalité», a-t-il souligné.<br /><br />
«Il est intolérable, a-t-il poursuivi, qu'une candidate à la présidence française ne semble pas avoir conscience que le mot "souveraineté" a une signification particulière pour nous, le laboratoire démocratique de la planète. Elle devrait savoir que la souveraineté est un concept précis, popularisé par ses partisans parce qu'ils s'adressaient à des peureux et savaient que leur truc ne marcherait jamais s'ils continuaient à parler d'indépendance, de séparation ou de sécession.»<br /><br />
À ce sujet, le citoyen a révélé être lui-même indécis sur le dossier de l'avenir du Québec, et ce, bien que celui-ci occupe ses pensées «24 heures par jour depuis 30 ans». «Ça dépend des semaines. Des fois je suis favorable à une souveraineté assortie d'un partenariat, des fois je penche du côté du fédéralisme renouvelé avec société distincte, des fois un peu des deux, et des fois je pense qu'on devrait continuer à gosser et à écoeurer tout le monde avec ça pendant des siècles, juste pour le fun. Ça dépend de la gueule du politicien, du dernier sondage ou de ce que j'ai mangé la veille. C'est une question éminemment complexe que celle du Québec, vous savez. Ça ne se règle pas comme ça, surtout quand l'univers intersidéral au complet vous observe.»<br /><br />
«Il s'en trouve pour parler de non-ingérence et de non-indifférence. Dans mon cas, je dirais qu'il s'agit plutôt de non-chalance», a-t-il précis.<br /><br />
Le citoyen a dit comprendre d'autant plus mal la réticence des candidats à la présidence de la France à se prononcer sur «l'exercice populaire de réflexion collective le plus fécond qui se soit présenté au genre humain depuis le passage à la station debout» alors que des précédents historiques montrent les avantages qu'il est possible de retirer d'une position ferme.<br /><br />
«Regardez par exemple le général de Gaulle. Quand est-il vraiment devenu connu? Exactement: après son "Vive le Québec libre!". Avant ça, personne n'avait jamais entendu parler de lui en dehors de quelques groupuscules de droite. Ségo et Nico pourraient puiser un peu d'inspiration de ce côté s'ils aspirent à un rôle plus prépondérant que celui de second violon dans le concert des nations. N'oublions pas que sans la reconnaissance du Québec, sa bulle en terre d'Amérique, la chair de la chair de la chair de sa chair, la France, c'est pas grand-chose.»<br /><br />
Et la France profonde, a répété le citoyen, est immensément soucieuse du devenir de la francophonie d'outre-Atlantique. «Si les deux principaux candidats ne réajustent pas leur tir rapidement, on court le risque d'un détournement de l'électorat vers le trotskisme ou vers Le Pen. Il faut, plus que jamais, que le Québec soit au coeur de la campagne présidentielle française. Il y va de la survie d'un peuple. Le Québec, par le biais de ses journalistes qui coincent des candidats dans des cadres de porte pour les mitrailler de questions qui ne les concernent pas, a le droit d'ingérence et le devoir de ne pas être objet d'indifférence. Ou quelque chose du genre», a-t-il conclu.<br /><br />
***<br /><br />
Un président des États-Unis a lancé cette semaine un vibrant appel à ses concitoyens à diminuer de manière draconienne leur consommation de pétrole au cours des prochaines années.<br /><br />
«Je ne vous demande pas de faire cet effort surhumain pour des raisons environnementales, a cependant prévenu le président. Après tout, il est bien connu qu'il n'est pas prouvé que l'émission de gaz provoque de la pollution. Non, je sollicite plutôt votre collaboration pour que nous diminuions notre dépendance au pétrole du Moyen-Orient. Car au rythme où vont les choses, nous allons devoir nous sauver de là-bas en catastrophe, et notre accès à ces ressources qui appartiennent à tout le monde pourrait être limité.»<br /><br />
«En plus, quand nous aurons foutu le camp, nous y aurons laissé le chaos en héritage, et pendant que toutes les cliques se massacreront les unes les autres, les terroristes penseront moins à nous attaquer.»<br /><br />
Le président a précisé que la diminution de consommation souhaitée ne serait que temporaire. «Très bientôt, nous irons faire une saucette dans les sables bitumineux du nord de l'Alberta. Ça aussi, ça ne coûte pas cher à produire parce que tout se fait en argent canadien, et ça ne pollue pas vraiment parce qu'il y a plein d'air disponible dans ce lieu inhabité. Et puis, le Canada, n'est-ce pas, c'est pas mal chez nous.»<br /><br />
<a href="mailto:[email protected]">[email protected]</a><br /><br />
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Bon, à ne pas lire au 1er degré <img src="smileys/wacko.gif" alt=": w a c k o : " class="smiley" />



