Moi c'est plutot le contraire j'essaie d'éviter le très gros, je vise 2-3m c'est un bon ratio entre le risque de casse, la qualité de vague, et la consistance du surf. Après je peux me planter, parfois ça grossit en cours de nav. Mais dans ce cas le spot est balisé et je suis chaud, l'issue de secours est identifiée.
L'adrenaline elle vient plutôt à l'aller, quand je sors et que la série rentre (et que donc, on va se croiser

). Et aussi parce que contrairement au surf où c'est assez facile de se défiler, au passage de barre il faut anticiper le chicken jibe, ou périr le wish entre les dents. Bon rien a foutre, je suis au taquet : go. Les crêtes se lèvent, un peu comme une chaine de montagne, celle de derrière un peu plus grosse que les premières, avec un jeu de transparence quand il y a de la lumière. Les risées noircissent le plan d'eau au pied des vagues, l'écume volette, ça va chier. Le champ de bataille est là 50-100m de large à tout casser. Derrière c'est la mer, je pourrai reposer les bras et lâcher quelques jurons au vent, mais avant il y a bataille. Première assaut, une vague pas tellement grosse, mais bien vicelarde car elle creuse et casse bien la vitesse. Celle là si on a pas les couilles d'y aller franco et de poser le saut en nose dive, on se pose dans la molle et c'est fini. Si ça passe, derrière c'est du gras, du bon, de belles barriques qui envoient de l'écume. Faut juste éviter de se payer la lèvre; parfois il vaut mieux temporiser pour prendre une mousse. J'aime bien la sensation d'effleurer la mousse quand j'arrive au planing et que je l'escalade. Au pied du mur je me dis que ça va être la mêlée, style la planche qui se barre à 90° mais finalement ça passe comme dans du beurre. Trop la classe

Bon après si la série est longue, y manque souvent du gaz, et ça finit que c'est le contraire qui se produit, sauf que la mousse n'effleure pas

Bon pour revenir au sujet, y'a une fois ou j'ai eu une bonne suée. C'était vers un noel, ça remonte à 4-5ans car j'avais la KT, c'était aux Crevettes vers Quiberon. Il y avait un bon coup de sud, mais j'avais pas réussi à me libérer assez tôt donc je suis arrivé tard

après 30 bonnes minutes en side, sous une pluie diluvienne alors que le front était en train de passer, et que tout le monde pliait, j'ai fait la sortie de trop et le vent a basculé OSO en passant de 25 à 40nds (un classique automnal du coin). Alors que j'avais déjà bien passé la barre, une espèce de vague énorme commence à lever devant. Le truc vraiment masse, style rampe de half pipe, de toute façon impossible à éviter il prend toute la place, et un bon plat devant la flotte est aspirée (je pense que c'était l'onde causée par le front et la bascule violente associée, une sorte de mini raz de marée). Saut en survie, je pars en pushloop incontrolé, bouclé à quelques mètres au dessus de l'eau, crash en mode playmobil avec le choc qui remonte la colonne vertebrale . Derrière c'est l'enfer y'a des claques à 50nds ça fume, j'arrive à repartir vers la plage waterstart dans les straps, mais c'est survie totale impossible de se caler au harnais, j'avance en crabe, le vent est onshore, je n'arrive pas abattre. La visi est tellement dégueu que je ne vois pas la plage, qui est à maxi 800m. Comme la côte s'incurve je continue et je finis par retrouver la barre, et la je me fais plaquer propre et net par un bel autobus bien moussu, suivi de quelques autres qui me ramène au bord manu militari. Bon heureusement le spot est clean, pas de rochers, ni de courants traitres. Pour finir dégréage

Matos dans la dune, retour à patte pour chopper la caisse. Plus un rat à croire que j'étais vraiment le plus con des cons ce jours là.
(dicton : entre le tour de force et le tour de con, y'a que le résultat qui change)